mardi 10 novembre 2009

La Sublime Porte et la nouvelle Byzance

Chers visiteurs,

Retour sur cette évolution récente, et corroborée par le récent réchauffement des liens turco-arméniens (accords de Zürich du 10 octobre 2009 devant être cependant ratifiés par leurs parlements respectifs), des relations entre la République Turque et la Fédération de Russie.

Evolution on ne peut plus d'importance tant les enjeux sont loin d'être anodins en premier lieu pour les concernés comme pour l'Union Européenne. Cette dernière ne semblant guère s'alarmer qu'une telle entente si elle devait se consolider ne lui laisserait que fort peu de latitude pour son approvisionnement futur en combustible fossile. Turquie et Russie, malgré des dissensions géopolitiques passées, ayant énormément à gagner d'un renforcement de la coopération sur des sujets brûlants tels que la stabilité sur le pourtour de la Mer Noire comme de l'acheminement des ressources premières.

S'il est préférable de laisser le temps opérer pour avoir une réelle confirmation de cette nouvelle donne, le fait est qu'elle augure un bouleversement régional qui pourrait à terme modifier singulièrement les équilibres en place dans la périphérie proche.


Article paru sur Agoravox le 15 décembre 2008

En pleine crise financière, il est des oscillations géopolitiques passant inaperçues alors qu’elles pourraient être d’importance pour le futur à moyen terme à un niveau régional comme international. Tel est le cas du rapprochement entre Ankara et Moscou.

L’éternelle candidate Européenne

La Turquie est en effet une très ancienne connaissance des chancelleries Européennes. Depuis 1959 pour être exact lorsque les autorités Turques posèrent officiellement le dossier de candidature de membre associé sur le bureau de la CEE (Communauté Economique Européenne) de l’époque. Il lui fallut cependant attendre octobre 2005 pour que débutent les négociations d’adhésion en tant que membre à part entière par la Commission Européenne.
Les tergiversations diplomatiques qui avaient autrefois retardé l’éventualité d’étudier le dossier Turc ne cessèrent pas pour autant après cette date clef puisque certains hommes politiques nationaux de premier plan exposèrent leur réticence à voir la Turquie rentrer dans les instances Européennes.
 
Les raisons de ces atermoiements nécessiteraient une longue étude qui n’est pas le propos de cet article, sans omettre qu’ils ne sont pas tous clairement énoncés. Il faut surtout retenir que la patience des responsables Turcs a été repoussée très loin bien que ces derniers aient effectué de louables efforts en vue d’un rapprochement avec l’Europe, insufflant dans leur droit national de nombreuses références communautaires (ce que l’on nomme juridiquement l’acquis communautaire) afin de se rapprocher le plus possible des exigences en la matière.
 
Or, malgré ses hésitations l’Europe se doit pourtant de prendre en grande considération un facteur de prime importance… l’approvisionnement énergétique !
 
La Turquie partenaire énergétique incontournable
 
Dans le jeu géoéconomique du maillage des réseaux de distribution d’énergie, la Turquie se place assurément en première ligne. Le projet Nabucco, déjà évoqué au sein d’un autre article, est une pièce maîtresse de la volonté d’indépendance en matière d’approvisionnement de gaz.

Signalons justement au passage que la Turquie dispose d’une voix prépondérante quant aux décisions stratégiques y étant liées et qu’elle n’a pas manqué de s’en servir à l’encontre de Gaz de France en début d’année officiellement en réponse au vote des parlementaires hexagonaux en faveur de la reconnaissance du génocide Arménien [1].

Décision d’importance car Nabucco est LE projet d’avenir supporté à bout de bras par plusieurs pays Européens, et en sous-main par les instances Bruxelloises, afin de contourner la mainmise Russe sur l’acheminement énergétique à destination de l’Europe.
 
En terme de richesse pétrolifère, difficile aussi de passer sous silence le fameux tracé Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) qui défraya grandement la chronique il y a quelques mois lors du conflit Géorgeo-Russe. La peur d’une perte d’approvisionnement via cet oléoduc rendit les occidentaux particulièrement nerveux pendant et après la guerre [2]. La Turquie, outre son investissement financier, sait pertinemment que le long transit (1 076 kilomètres) sur son territoire ainsi que le terminal portuaire de Ceyhan lui confère un poids déterminant vis-à-vis de l’Europe et des Etats-Unis.
 
On imagine dès lors sans peine ce qu’il pourrait advenir si la Turquie devait ébaucher un rapprochement avec la Russie à plus ou moins brève échéance.
 
Géopolitique fiction ? Pas si sûr…
 
Entre désappointement et nouvelle donne géopolitique
 
Des cartes ont en effet été abattues ces derniers mois, et elles n’ont guère été favorables aux alliés occidentaux de la Turquie.
 
Tout d’abord il faut souligner que sitôt l’effondrement de l’URSS, la Turquie s’est avisée de prendre rapidement contact avec d’anciens pays de l’ex-Union Soviétique, à commencer par les républiques turcophones dont les liens culturels apparaissent patents. Ainsi l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan (et un peu plus loin à l’est, les Ouïgours du Xinjiang en territoire Chinois) bénéficièrent d’un intérêt marqué par les autorités d’Ankara. Ce panturquisme fut une forme de soft power de la part des héritiers de Mustafa Kemal et eut des résultats mitigés puisque Moscou, un temps affaiblie, amorça un contrôle plus renforcé de son proche étranger. Ce qui n’empêcha pas pour autant Recep Tayyip Erdogan, Premier Ministre Turc, d’énoncer pendant le Congrès de Bakou de 2007 la création d’un secrétariat général permanent des chefs d’Etats turcophones [3].

Cependant, le retour en force de la Russie sur la scène internationale soit par ses coups financiers (introduction au sein du capital d’EADS), industriels (lancement d’un nouveau jet d’affaires moderne), militaires (réponse à l’agression Géorgienne en Alanie du sud) ou diplomatiques (l’Union Européenne revenant sur sa décision de geler toute négociation avec la Russie) donna à la Turquie à réfléchir tout en l’incitant à réorienter ses priorités. Avec d’autant moins de remords que la porte de l’Europe ne s’était pas plus entrebaillée qu’auparavant et qu’elle pouvait se permettre de lorgner vers d’autres horizons. Ajoutons en outre que la Russie était devenue au fil du temps un partenaire commercial de premier plan pour le pays [4], ce qui était et reste une donnée à prendre conséquemment en compte en matière diplomatique.
 
Ainsi dès le 8 septembre de cette année, Russes et Turcs se sont entendus pour envisager une plateforme de sécurité et de stabilité dans le Caucase. L’initiative avait déjà été évoquée quelques semaines auparavant à Moscou en liaison avec Ankara, prouvant par là l’intérêt réel qu’elle suscite de part et d’autre de la Mer Noire. Le 18 novembre, le ministre de la défense Russe, Anatoli Serdioukov, n’a pas tari d’éloges sur les velléités de la Sublime Porte de s’immiscer dans le jeu caucasien à l’issue d’une rencontre avec son homologue Turc, le tout en confirmant avoir établi les bases contractuelles de cette coopération.
 
Plus prégnant encore, un haut responsable du parti au pouvoir, l’AKP, a très clairement et surtout publiquement déclaré vouloir la signature d’un nouveau Yalta en Europe. Les propos étaient sans trop de fard destinés à complaire au Kremlin. Et il put d’autant plus se le permettre que l’OTAN gela l’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine début décembre, proposant un statut iconoclaste (MAP pour Membership Action Plan) ayant surtout pour objectif de rasséréner Moscou et ne pas détériorer davantage les relations entre elle et l’organisation militaire.
 
De plus, la question du Haut-Karabagh implique pour la Turquie, alliée de l’Azerbaïdjan, et la Russie, alliée de l’Arménie à s’entendre de façon profitable afin de réchauffer les liens entre les différentes parties au conflit. A ce titre, l’Azerbaïdjan pointée du doigt par l’occident pour avoir fait avorter une tentative de révolution orange lors des élections de 2005, s’est rapprochée ostensiblement de l’orbite de Moscou ces dernières années. Les intérêts convergent comme on le découvre.
 
L’axe de la Mer Noire ?
 
L’Histoire a souvent été conflictuelle entre l’Empire Tsariste et l’Empire Ottoman, et froidement neutre tout au long de l’époque soviétique. Il est un peu surprenant par conséquence de constater un net réchauffement entre ces deux pays. Pourtant les signes donnés de part et d’autre des capitales laissent entendre qu’il existe désormais une réelle volonté de partenariat et de partage d’influence régional.
 
Si cet axe devait se formaliser à l’avenir, il aurait une grande probabilité de trouver son substrat dans la défiance à l’égard des occidentaux et rendrait caduques toutes les tentatives d’indépendance énergétique de ces derniers à l’égard de la Russie. Sans compter l’appel d’air que cela pourrait provoquer vis-à-vis des pays de l’Asie Centrale qui seraient bien plus rétifs à s’ouvrir (et ouvrir leurs robinets de matières premières) à l’Occident.

Sur ce plan, Moscou peut se vanter de reprendre tout doucement la main après sa mise à l’index estival. Son opportunisme mâtiné de réalisme pourrait se révéler autrement plus payant que les vociférations inconséquentes de certains chefs d’Etats Européens ces derniers mois. Dans le grand jeu géopolitique de l’après-crise, la Russie et la Turquie escomptent bien y faire entendre leur voix.

 

[1] Il n’est pas interdit que penser que d’autres raisons, économiques et/ou techniques, aient pu jouer en faveur de l’éviction de la candidature de Gaz de France. L’arrivée de l’Allemand RWE ayant été notoirement supportée par la Turquie depuis longue date. Reste toutefois à savoir si ce choix fut le plus judicieux du fait de l’abandon forcé d’ici deux ans par ce groupe de son réseau gazier.
[2] Et ce d’autant plus que les principaux groupes pétroliers occidentaux (BP, Total, Chevron, ENI/AGIP…) forment la majorité de l’actionnariat du consortium.
[3] M. Erdogan allant encore plus loin en énonçant sa volonté de promouvoir une nouvelle langue turque commune.
[4] La Russie étant devenue le 1er fournisseur de la Turquie au détriment de l’Allemagne en 2006.

samedi 7 novembre 2009

Wizzgo privé de télé

Chers visiteurs,

Le présent article fut élaboré à la suite d'une décision de justice concernant Wizzgo, une société appartenant au passé (le blog lui même n'est plus mis à jour depuis avril 2009) où l'enjeu était la reconnaissance ou non de l'exception pour copie privée concernant des programmes en ligne.

Ladite société tenta de promouvoir la numériscopie, dont je fournis la définition au sein de l'article, en France et partant de là la possibilité de toute copie privée en ligne.
Peine perdue, en plein débat sur la loi Création et Internet il y avait peu de chance pour que l'on soit d'une quelconque indulgence à cet égard. Ce concept innovant n'est pas pour autant abandonné et refera surface... ailleurs.

Précision complémentaire à cet article : suite à cette ordonnance, le jugement du Tribunal de Grande Instance de Paris du 25 novembre 2008 trancha le litige en faveur des sociétés défenderesses avec de très lourdes sanctions financières à la clef. Décision ayant définitivement mis fin à l'existence de la jeune société.



Article paru sur Agoravox le 18 novembre 2008

Par une ordonnance de référé en provenance du tribunal de grande instance de Paris, le juge des référés a porté le 6 novembre dernier un coup létal au concept qui fit l’heure de gloire de la société Wizzgo.

Sur la vague des offres numériscopiques 

Il faut en effet comprendre quel est le principe de Wizzgo pour mieux appréhender toute la substance de cette décision de justice.

Le site de la société visée propose un service de capture numérique, appelé aussi numériscope, de différentes chaînes de la TNT, moyennant l’installation d’un programme pesant un peu plus de 10 mégas en téléchargement libre. Une fois celui-ci correctement mis en place sur votre disque dur, vous pouvez opérer un choix de programmes et en effectuer le ou les enregistrements souhaités comme bon vous semble : l’opération s’effectuant toutefois en décalé une fois l’émission arrivée à son terme. En outre est proposé un système de synchronisation avec des appareils mobiles tels que l’iPod ou l’iPhone pour visionner les contenus sélectionnés de manière nomade.

Le gros avantage du service proposé est qu’il ne nécessite pas de carte télé pour l’acquisition des chaînes, ce qui en plus de sa praticité le rend très accessible. Seule limite : un crédit de 15 heures d’enregistrement sur une durée de 30 jours par compte.

Quid de la légalité de cette offre ?
 
Wizzgo s’était déjà fait taper sur les doigts il y a quelques mois, le 6 août 2008 pour être totalement exact, après avoir suscité l’ire de M6 ainsi que de W9 (filiale de M6), donnant lieu à une condamnation par le juge des référés dans un exposé cinglant : il est interdit de créer et s’approprier une richesse économique à partir d’un service de copie d’oeuvres ou de programmes audiovisuels qui se soustrait à la rémunération des titulaires des droits de propriété intellectuelle ; que le service offert par la société Wizzgo est manifestement illicite.

Wizzgo avait en effet tenté de se soustraire à tout risque d’interdiction en se retranchant derrière l’exception pour copie privée. Or cette dernière avait déjà subi un sérieux coup d’arrêt avec la décision de la plus haute juridiction judiciaire, le 28 février 2006 [1]. S’adosser à ce principe était déjà périlleux, mais dans sa dernière ordonnance en référé en date du 6 novembre, le juge des référés enfonça le clou encore plus profondément. Ainsi d’une part il énonce que contrairement à ce qu’elle prétend, la copie générée par Wizzgo n’est pas transitoire puisqu’elle est téléchargée et conservée par l’utilisateur, qu’il importe peu à ce sujet que cette copie soit cryptée puisqu’elle est décryptable par l’utilisateur et que la copie dans sa version cryptée et décryptée forme un tout. Un élément de défense majeur qui tombe à l’eau, et le magistrat de poursuivre : en outre, la reproduction réalisée a "une valeur économique propre" puisque sa réalisation et sa mise à disposition constitue l’objet même du service de Wizzgo, service qui se présente comme gratuit mais est en fait rémunéré par la publicité. Dès lors, les services proposés par la société Wizzgo sont illicites et constituent des contrefaçons des droits d’auteur et des droits voisins des demanderesses. En somme, Wizzgo est accusé de délit de contrefaçon. Et pour achever la société, il est précisé peu après que la société Wizzgo qui reproduit les marques sous forme incrustées dans les programmes copiées ne justifie pas avoir une autorisation des titulaires de marque pour ce faire…Dès lors, elle commet ainsi des actes de contrefaçon de marques suivantes…
 
C’est un coup très dur pour Wizzgo qui est débouté non seulement de sa défense fondée sur l’exception de copie privée mais est accusée frontalement de contrefaçon d’œuvres protégées par les droits d’auteur, et non seulement vis à vis des émissions enregistrées (bien que cryptées) mais aussi vis à vis des marques des chaînes reproduites sur les fichiers numériques. On pourrait croire que le calvaire soit terminé pour Wizzgo, mais il n’en est rien puisque le juge des référés tient à parachever la sentence en invoquant le délit de concurrence déloyale puisqu’il met en exergue que les sociétés demanderesses exploitent également des services concurrents de “télévision à la demande” (catch-up TV) et plusieurs plateformes (orange 24/24 TV et France TVVOD.FR) et que le service proposé par la société Wizzgo est susceptible de détourner les téléspectateurs de regarder la télévision, d’affecter l’évaluation de leur nombre et donc les recettes publicitaires qui s’en déduisent. Fermez le ban !
 
Quel avenir pour la numériscopie ?

A travers Wizzgo, ce sont tous les autres services de numériscopie non formellement accrédités qui dépendent de cette décision et qui devront très rapidement, à peine de sanctions pouvant être très lourdes, revoir leur principe de fonctionnement ou nouer des partenariats avec les différentes sociétés de l’audiovisuel. Sachant que cette dernière possibilité est de moins en moins probable puisque justement les chaînes tiennent à maîtriser la mise à disposition de leurs émissions dans les tuyaux numériques : un trésor jalousement gardé comme Wizzgo vient de l’apprendre à ses dépens.
 

[1] La Cour de Cassation trancha au sujet de l’exception de la copie privée en rappelant que celui-ci n’était pas un droit mais bel et bien une exception et que les mesures techniques de protection insérées dans les DVD étaient justifiées, bien qu’elles empêchassent toute copie, en raison du préjudice économique qu’il résulterait de leur absence. Pour de plus amples informations sur le sujet, voir le billet de Jurizine.net sur ce problème de droit.

vendredi 6 novembre 2009

La Ligue Russe crève les moniteurs sur FIFA 2010



J'avais déjà traité du jeu vidéo comme vecteur culturel sans omettre son aspect économique d'importance dans le cadre d'un article sur Agoravox. Citons un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros pour 2008 uniquement en France avec même une insolente croissance à deux chiffres pour certaines sociétés du secteur (tel Gameloft, le spécialiste des jeux sur mobiles et iPhones, avec 20% entre les premiers semestres de 2008 et de 2009).

Le sport numéro un de la planète quant à lui eut aussi droit à un billet de ma main, focalisé sur l'émergence des clubs de l'Est en général et Russes en particulier. Analyse on ne peut plus confortée d'une part par la victoire du Zénit Saint-Pétersbourg en Coupe UEFA cette même année (Ligue Europa désormais) et d'autre part par les victoires retentissantes de clubs Roumains, Ukrainiens (dont le Shakhtior Donetsk, vainqueur de cette même compétition en 2009), Biélorusses comme Russes (pensons à l'incroyable victoire du Rubin Kazan à Barcelone, le tenant du titre en Ligue des Champions).

Au confluent de ces deux univers existe l'une des deux simulations les plus populaires sur les plate-formes de jeu vidéo, détentrice de la convoitéel licence officielle de la fédération internationale de football :  FIFA du géant Américain Electronic Arts.
Pourtant malgré de nombreuses versions déjà distribuées depuis 1995 (la première à inclure des clubs), les équipes Russes ont toujours étrangement manqué à l'appel en dépit de réelles performances sur les terrains. Y compris lorsque le CSKA Moscou remporta un titre continental en 2005. Cette année est cependant celle où ces dernières entrent par la petite porte, apportant un vent de fraîcheur et internationalisant davantage le ludiciel dans sa couverture de ce sport. Espérons que ladite ligue ne fasse pas les frais de la crise la saison prochaine...

vendredi 30 octobre 2009

DISSONANCE -- Le blog contre les révolutions de couleur ! Блог против цветных революций !

Chers visiteurs, permettez moi de reproduire ici même un article provenant du blog Dissonnance d'Alexandre Latsa. Focalisé sur l'espace Eurasiatique, il délivre régulièrement des articles de fort belle tenue permettant de percevoir les évolutions géopolitiques passées, présentes et s'annonçant dans un futur proche. Ne se cantonnant pas à des analyses géopolitiques, l'auteur intervient aussi dans le domaine stratégique de la pensée en popularisant le concept d'Eurasisme. Pour qui veut mieux comprendre la vigueur du climat intellectuel en Russie, la lecture de ce blog apporte une réelle plus-value.

Ne manquez pas en outre ses entretiens avec des personnalités du monde russophone ou francophone qui si elles peuvent surprendre, irriter ou enthousiasmer, n'en demeurent pas moins toujours passionnantes à lire.

En vous souhaitant une bonne lecture,



L'Eurasie pour les novices ;)

Les lecteurs m'ont demandé "pourquoi" j'avais renommé mon blog en "blog contre les révolutions de couleurs". Je reviendrais dans les prochains jours sur ce thème des révolutions de couleurs, qui sont des coups d'états déguisés, déguisés par les médias notamment.

Ces révolutions sont des coups d'états déguisés, organisés par l'empire Américain, et cela pour accéder au contrôle du continent Eurasiatique, par fidélité aux thèses géopolitiques de MacKinder et de Spykman qui disaient que la maitrise du monde passait par le contrôle de l'ile monde (l'eurasie), soit en contrôlant son coeur (Mackinder), soit son anneau extérieur (Spykman).



Dans les deux cas, on comprend bien l'extension de l'OTAN à l'est (vers les frontières Russes) et également l'intérêt à la chute de l'URSS et l'occupation en Asie centrale et en Afghanistan, zones situées dans l'anneau (Rimland) et ou sont concentrées la grandes majorité des matières premières du continent. L'occupation de l'Afghanistan puis du Pakistan (?) suit d'ailleurs le tracé du pipeline trans-afghanistan ...

J'incite mes lecteurs à lire à titre d'information ces billets sur les "routes du Heartland", le premier sur Dedefansa.org et le second sur le blog Egea ..

Enfin, ludique et très synthétique, la vidéo ci dessous de Michael Ruppert (son site) qui détaille très clairement les raisons / méthodes / visées de l'empire Américain au coeur de l'Eurasie. A noter l'explication du pillage des ressources financières Russes par les multinationales US (7ième minute ...) ... A regarder et diffuser !

mardi 27 octobre 2009

Les yeux de l'OCS



C'est le responsable de Roskosmos (Agence Spatiale Fédérale Russe) qui l'a annoncé : la Chine et la Russie entendent prochainement déployer un système de télécommunications satellitaire commun, et qui sera rattaché aux prérogatives de l'OCS (Organisation de Coopération de Shanghaï).

Cette nouvelle, en attendant sa concrétisation matérielle, démontre que l'OCS n'entend pas être une coquille vide et que les manoeuvres militaires font aussi place à un déploiement de moyens connexes destinés à assurer la sauvegarde des intérêts de ses membres. Organisation qui depuis 1996 et l'ébauche du rapprochement Sino-Russe a progressé en s'offrant même un sommet remarqué à Ekaterinbourg les 15 et 16 juin dernier. Elle symbolise aussi le rapprochement oriental de la Russie en couplant une partie de son patrimoine stratégique (la technologie spatiale) avec celle de sa voisine Chinoise qui progresse régulièrement sur cette voie (envisageant l'envoi prochain de missions sur la Lune et Mars), où l'interconnexion de GLONASS et Beidu peuvent apporter une indépendance sectorielle sensible aux pays utilisateurs. 

L'information sur le site de Roskosmos : ICI

mercredi 21 octobre 2009

L'amendement frappé du sceau de la trahison

C'est le grand effroi du moment : l'amendement 138 (en réalité renuméroté 46 après le vote de mai 2009) du fameux Paquet Télécoms semblerait avoir été passablement délavé pour contenter le Conseil Européen (sommet des chefs d'État ou chefs de gouvernement des vingt-sept pays membres de l'Union européenne assistés du Président de la Commission Européenne) et éviter le statut de liberté fondamentale accordée à Internet, ce qui aurait rendu caduc de jure toute coupure du réseau.

Il est navrant, mais pas étonnant, que l'un des négociateurs, la Française Catherine Trautmann, ait décidé de cette modification attentatoire à la protection du net comme moyen d'information et de communication. Il est symptomatique que ce soit principalement les représentants Français (à quelques exceptions près) qui sur cette affaire durant depuis des mois adoptent les positions les plus rétrogrades.

Des propos acerbes j'en conviens, dont le terreau se compose de l'incompréhension et de la profonde déception liées à l'acharnement vis à vis d'une révolution sans précédent depuis l'imprimerie. Cette retraite discrète n'est pas à l'honneur de personnes ayant à charge de faire respecter les deux votes précédents du Parlement de Strasbourg qui furent adoptés à une large majorité qui plus est. Car ce n'est plus là transiger mais s'incliner devant la puissance d'intérêts privés dépassés par les évènements et ayant été incapables de s'adapter à une nouvelle donne technologique.

Pour prendre conscience de la portée d'une telle manoeuvre, je vous invite à lire l'article de Numerama : ICI

mercredi 14 octobre 2009

Un pas en avant, deux pas en arrière

Chers visiteurs,

L'article présent fait suite à celui dont je vous avais fait part il y a quelques mois.

Par pure vision pragmatique, et connaissant les ressorts de la diplomatie Européenne, j'avais ébauché que la mise à l'index de la Fédération de Russie ne serait pas une position stable sur la durée du fait des intérêts divergents de la majeure partie des Etats membres. Les autorités Russes en faisant acte de patience optèrent pour l'approche la plus judicieuse, devinant que le temps serait leur meilleur allié (le passage de The Economist au sein de l'article est symptomatique pour sa clairvoyance). Et si les formes ont été préservées avec une subtilité toute byzantine pour masquer les faits, force est de reconnaître que les Européens sont allés à Canossa.

Depuis, le rapport commandé par l'Union Européenne sur la guerre Russo-Géorgienne d'août 2008 a dédit l'accusation principale d'une attaque initiale Russe (pour faire bonne mesure, la Russie est néanmoins admonestée sur d'autres points), corroborant en cela les conclusions d'un rapport précédent de l'OSCE.

Dans toute cette affaire qui ne manque pas de ridiculiser la politique étrangère de l'Union, il est détestable de relever qu'avant même toute analyse objective de la situation, un Etat a été désigné unilatéralement responsable d'un conflit par une instance internationale avant même la remise d'un quelconque rapport émanant de ses propres services... L'Union Européenne n'a jamais brillé en diplomatie, et il est difficilement permis de croire en une amélioration future de la part d'un bric-à-brac juridico-administratif vide de l'âme des peuples qui la composent.


Article paru sur Agoravox le 12 novembre 2008

Le camarade Lénine s’il était encore parmi nous ne manquerait de qualifier de la sorte la politique étrangère européenne à l’égard de son ancien pays tant il est patent que l’Union européenne gère très mal celle-ci. Le sommet UE – Russie du 14 novembre changera-t-il la donne ?

Un avertissement à demi-voix

Le constat que je dresse en introduction est quelque peu rude pourrait-on m’objecter. Il est vrai que la Fédération de Russie n’est pas un Etat avec lequel il est toujours facile de composer, et dont l’histoire récente a laissé de sérieuses traces dans les esprits et les structures. Pour autant, peut-on exonérer aussi facilement l’Union européenne de ses errements successifs à son égard ?

Le 2 septembre dernier, j’avançais au sein d’un article le risque que l’organisation prenait en sanctionnant, même symboliquement, la Russie au sortir du conflit du Caucase. Je ne reviens pas sur l’interprétation fort modulable du droit international par les hiérarques européens tant il apparaît difficile d’y déceler autre chose que de la précipitation et/ou de la mauvaise foi : l’affaire du Kosovo pèsera à ce titre longtemps sur les relations bilatérales entre ces deux entités.

Cahin-caha fut le compromis adopté en ce 1er septembre à Bruxelles, naviguant entre avertissement et sanction et qui prit la forme d’un gel des négociations pour le renouvellement de partenariat (APC [1]) existant depuis 1994 et arrivé à son terme depuis 2007. Cette mesure déplut néanmoins aux tenants d’une ligne dure (Pays baltes, Pologne et Royaume-Uni). Or, peu à peu, les pragmatiques (Italie, Allemagne et France en tête) décidèrent d’envisager justement la levée du gel de ces négociations pour mieux favoriser une approche plus profitable à leurs intérêts [2].

L’unité de façade

Un article de The Economist en date du 6 novembre relève avec justesse le mouvement opéré un peu benoîtement par certains membres de l’Union européenne : But Europe’s threat was clear. And that, two months later, has led to a painful moment. Most EU governments now want to resume talks on a new PCA with Russia—foreign ministers are expected to agree this at a meeting on November 10th, just in time to cast a cheering glow over an EU-Russia summit in Nice four days later. En somme, sans se déjuger il est ébauché une approche tendant à reprendre langue avec les responsables russes pour réussir, enfin (!), à signer un nouvel APC.

Les autorités de Moscou ne sont aucunement dupes de ces limitations et savent en jouer parfois avec brio. Elles savent que le temps joue pour elles, et que les dissensions apparaissent déjà au grand jour comme le note toujours aussi ironiquement The Economist : Europe’s strength is its unity—hence the need to come up with a quick decision to resume the talks with Russia, to “keep the sheep in the pen”, and stop individual countries “going off on their own”. In short, the EU’s unity over Russia in September was quite unsustainable. Ce passage en dit long sur l’unité réelle au sein des gouvernants européens, ce qui est avouons-le, logique en ce sens que plus le cercle s’élargit, plus le consensus devient difficile. Alors en temps de crise, l’on devine que la volonté de chacun de faire cavalier seul peut présenter quelques menus attraits.

Le compromis des braves

Alors, un sommet de Nice pour rien ?

Pas forcément, et il est possible d’entrevoir une solution qui arrangerait les affaires de toutes les parties : elle combinerait la renégociation de l’APC, souhaitée vivement par la chancelière Angela Merkel depuis de nombreux mois et une avancée sur le dossier géorgien réclamé à cor et à cri par certains membres. De la sorte, aucune partie ne perdrait la face devant son peuple et chacun pourrait en retirer de substantiels avantages. Le dossier géorgien ne doit toutefois pas venir occulter le sujet initial de la rencontre, d’autant qu’il est lui-même complexe et que ni les Abkhazes ni les Alains n’accepteront de sitôt une présence géorgienne sur leur sol ; cependant un accord commun sur une zone tampon de maintien de la paix pourrait par exemple voir le jour.
Seule réelle inconnue : la volonté pour certains gouvernants de l’Union de pratiquer la politique du pire, en lieu et place d’une politique raisonnée et axée sur le bien européen commun.

La décision votée par une majorité de ministres des affaires étrangères le 10 novembre dernier en faveur d’une reprise des négociations avec la Russie sur l’accord de 1994 est un acte que l’on peut saluer comme encourageant. Il est vrai aussi que la conjoncture économique et financière mondiale n’incite que fort peu à rajouter de l’huile sur le feu. Reste désormais à espérer qu’un compromis des braves voie le jour au sortir de ce sommet.

[1] APC : Accord de partenariat et de coopération dans le domaine commercial. Le premier ayant été formalisé en juin 1994, prenant effet seulement en décembre 1997 et valable pour dix ans, reconductible tacitement si aucun accord ne devait découler de négociations ultérieures. Cette clause fut une sage précaution puisque effectivement les blocages se firent jour du fait de l’opposition fortement appuyée de la Pologne et des trois Pays baltes, empêchant tout nouvel accord fin 2007. Pour de plus amples informations, je vous invite à vous rendre sur le site de la Documentation française.
[2] Si l’on en croit Le Monde dans son édition du 11 novembre dernier, le Président Sarkozy aurait décidé d’assouplir la position française après avoir rencontré son homologue russe, Dimitri Medvedev le 8 octobre à Evian.

lundi 12 octobre 2009

RIA NOVOSTI organise une conférence sur l'Arctique


L'agence RIA NOVOSTI organise à Moscou les 25-26 novembre prochain une conférence sur l'Arctique. Il s'agit d'une déclinaison d'une autre initiative de l'agence, à savoir le Club de discussion Valdai , mais en version abrégée et sur une thématique spécifique.
Une trentaine de participants étrangers, spécialistes de renom des questions arctiques dans ces quatre domaines sont attendus lors de ce colloque portant sur les problématiques suivantes :

1 Ressources naturelles

2 Partage du plateau continental

3 Dimension politique et militaire

4 Ecologie

Les lecteurs de ce blogue , les spécialistes de géopolitique et des questions portant sur les ressources naturelles ( universitaires , chercheurs ,juristes , responsables politiques et militaires , responsables économiques , etc. ) , peuvent se faire connaître auprès de la directrice de l'agence Parisienne de RIA NOVOSTI ou lui communiquer le nom d'une ou de personnes répondant à ces critères .
Mme Alexandra Kamenskaya
14 , place du Géneral Catroux 75017 Paris - Tél 01 42 27 79 21
blogue : http://riendeneufamoscou.blog.lemonde.fr/
Les lecteurs Canadiens sont invités à en faire de même .

Je profite de l'occasion pour rappeler l'existence de l'excellente chronique paraissant sur le site d'Ice Station Zebra d'où est tiré cet appel. Une véritable et fort rare somme d'informations en langue française sur le sujet.